[TEST] Alan Wake, un survival-horror qui fout les chocottes dans la forêt !

17 05 2010

Romancier dans la brume

Il y avait bien longtemps qu’un jeu ne m’avait pas fait peur. Oh certes, Silent Hill n’y allait pas de main morte, mais avec Alan Wake, le survival-horror prouve qu’il en a encore sous la pédale. Alan Wake, c’est l’histoire d’un romancier qui souffre du syndrome de la page blanche. Il part en vacances se ressourcer avec son épouse, dans l’étrange ville minière et forestière de Bright Falls, où le rêve de détente bascule très vite dans l’horreur. Un jeu effrayant, à l’ambiance hitchcockienne voire Lostienne, où l’on galère avec sa lampe torche pour échapper à des êtres maléfiques qui ont kidnappé votre épouse.

Pour me mettre dans l’ambiance, j’ai éteint les lumières, monté le son. Alan Wake est censé me foutre les chocottes, alors on y va. Le pitch est assez basique, mais pose directement une ambiance. Vous êtes Alan Wake et ça ne va pas très fort. Votre impressario est un peu dépité car depuis deux ans et votre dernier roman à succès, vous n’arrivez à rien. Alice, votre charmante épouse, a alors l’idée d’un voyage. Et en ravissante compagne aimante, elle compte bien vous changer les idées et pourquoi pas vous redonner l’inspiration…

Alice a des arguments pour inspirer le romancier que vous êtes...


Direction Bright Falls, son joli lac, ses forêts à perte de vue. Une drôle de bourgade forestière peuplée de bûcherons, d’anciens mineurs et de pauvres hères ne sachant que faire de leur journée (à part jouer à la carambole ou écouter de la zique au bar du coin). Ambiance rétro, chemises à carreaux chères à Charles Ingalls, et postes de télé en noir et blanc crachant des images d’émissions super bizarres (genre La quatrième dimension).

Un chalet pas très engageant. J'irai pas y passer mes vacances

Mais à Bright Falls, il ne faut pas traîner la nuit… Alan Wake s’est disputé avec sa femme et alors qu’il sort faire le vide, sa douce est kidnappée. Alan tente de la retrouver mais se réveille au volant d’une voiture, le visage en sang, après un accident dont on ignore complètement les circonstances. On nage en plein cauchemar, comme si le disque de la réalité avait sauté, pour de bon…

Chouettes qui hullulent, hordes de corbeaux qui croassent, branches qui craquent, ombres patibulaires qui filent ou sortent de la brume. Dans Alan Wake, c’est l’ambiance qui prévaut. D’abord, l’essentiel du jeu se passe la nuit, dans la forêt. Il y a du brouillard, des bruits bizarres, des voix qui murmurent. La bande son est assez terrifiante, à peine coupée par quelques morceaux rock qui balancent (surtout entre les épisodes qui composent le jeu).

La lumière est très rare. Les scènes de jour sont peu nombreuses et tant mieux. On est d’emblée lâché dans la nature, à la recherche d’Alice ou de son ravisseur, avec seulement une lampe torche, et éventuellement des fusées éclairantes, dont l’effet rend très bien à l’écran. Plus tard, vous obtenez un revolver, voire une carabine, si vous fouinez bien.

Sympa, les fusées éclairantes

Pourtant, on aurait bien besoin d’armes. Les ennemis sont nombreux, armés de haches, de serpes et de tronçonneuse. Ils sortent de partout, des buissons, de la brume, de vieilles machines et autres grues à l’abandon. Par devant, derrière, sur les côtés, ils attaquent, vocifèrent des propos incohérents, rajoutant à l’ambiance étrange. Comme si l’on avait à faire à des gens possédés, qui craignent par dessus tout la lumière.


C’est l’un des points forts du jeu : les effets de lumières. Dans la nuit ou la pénombre, on court, on essaie de s’échapper, quitte à rebrousser chemin tant l’adversité est âpre. Lampe torche à la main (merci Energizer pour les pubs subliminales), on éclaire les silhouettes qui se précipitent sur notre héros, qui hallucine complètement et ne comprend pas ce qu’on veut de lui. Au point de croire à un cauchemar.

Une fois les vilains bûcherons éclairés suffisamment, on  les enchaîne à coups d’armes à feu. Sauf qu’il faut recharger régulièrement ses armes, et changer les piles de sa lampe, dont la lumière vacille très vite. On en vient à frémir quand on a plus de piles : « Et merde, le prochain générateur est au bout d’un pont de bois branlant… gardé par trois mecs qui se fendent la gueule à coups de hache ».

Ils attaquent par derrière les salauds !

Bref, du Silent hill à la sauce Hitchcock, qui fout bien les boules. Hitchcock, justement, parlons-en. Maître de l’angoisse, il aimait beaucoup la télé. Dans Alan Wake, on a très souvent l’impression d’être dans un film d’horreur. Par le scénario, les personnages, tous bien travaillés, avec leurs petites histoires, et un décor très propice au film d’horreur. Dans Alan Wake, il n’est pas rare de sursauter. On se sent souvent désarmé, le personnage est vite essoufflé, les êtres maléfiques vont poursuivent, et vous cherchez la lumière, haletant.  On est jamais en sécurité, y’a même des pièges à loups (ou à ours) dans les bois !

Votre torche fait scintiller les pièges à loups

Enfin, comment ne pas évoquer les nombreuses allusions à différentes séries américaines, histoire de scénariser encore mieux le jeu ? Twin Peaks (pour le décor). Et surtout Lost, dont les influences sont omniprésentes dans Alan Wake.  Comme dans Lost, on joue sur ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Comme dans Lost, les arbres craquent et se déracinent sous l’effet d’une fumée noire étrange et meurtrière (The monster de Lost). Comme dans Lost, il y a des flashbacks. Comme dans Lost, on a aussi des séquences d’introduction résumant ce qui s’est passé dans l’épisode précédent. Ce qui nous donne le fameux « Previously, on Lost… » euh « On Alan Wake » pardon.

J'ai déjà vu ça quelque part...

Trop tard, la fumée noire est déjà passée...

En bref, Alan Wake est un excellent jeu qui ravira les amateurs du genre, mais aussi les autres. La voix off (celle d’Alan Wake) est très sympa et vous immerge dans le jeu. Les doublages ne sont pas mauvais. On se sent désespérément seul dans ce jeu, à la merci de tout. Les jeux de lumière et l’ambiance terrifiante viennent encore densifier une atmosphère déjà bien chargée. Et puis quel régal aussi de passer la seconde dans des véhicules empruntés au bord des routes. Rouler sur Charles Ingalls, ça défoule !

Disponible sur Xbox 360 et PC. Prix neuf : 70 euros environ, mais on trouve moins cher sur le Net.

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3 responses

25 06 2010
Soru

L’ambiance du jeu a l’air plutôt prenante… heureusement que je n’ai pas de 360, ça m’évite un méchant dilemme entre ce jeu et RDR.

25 06 2010
samcogez

C’est clair. Du coup je l’ai fini, j’ai enchaîné sur Splinter et ensuite, je vais chevaucher avec RDR. Difficile de tout faire quand même. Tu tournes sur PS 3 ?

1 09 2015
alexxcl

Bonjour,
Alan Wake est un titre qui possède un gameplay très intense. Je pense qu’il faudrait que le joueur soit fort moralement pour arriver à le terminer. En ce qui me concerne, je me suis arrêtée à la moitié du chemin.

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