[TEST] Bulletstorm, Gears of War burlesque, sauce Ken le Survivant

24 05 2011

On ne va pas tourner autour du pot : le jeu vidéo est aussi là pour flatter nos bas instincts. Après tout, ne sommes-nous pas simplement des primates ayant évolué favorablement ? Manette en main, on peut laisser son cerveau de côté, histoire de débrancher un peu. C’est humain. C’est ainsi et dans cet état d’esprit  que j’ai découvert Bulletstorm, il y a plusieurs semaines. Le jeu cuisiné dans les fourneaux du fameux éditeur Epic Games (Gears of War…) est un jeu de tir à la troisième personne plutôt violent (interdit aux – de 18 ans), mais qui a un mérite certain : nous faire prendre toute l’histoire au 728è degré ! Eloignez les enfants. Les jurons et l’hémoglobine coulent à flot. Mais c’est pour de rire, qu’on vous dit.

Jouer à Bulletstorm, c’est accepter de régresser pour rire et se défouler. Dans l’actuelle explosion du nombre de jeux de tir dits FPS (Call of Duty, Homefront, Dead Space 2, Crysis 2, pour ne citer qu’eux), Bulletstorm est comme une bouffée d’oxygène, de par son humour, ses graphismes, son style et son incroyable nervosité au niveau du gameplay (jouabilité).

On incarne donc  Grayson Hunt, une sorte de Markus Fénix (Gears of War), en plus poilu et chevelu, volontiers blagueur. Pour ne pas dire trivial, potache, vulgaire. Je vous le dis, le jeu est en mode autodérision et régression ! Et complètement assumé.  Grayson fait donc partie d’une élite de militaires mercenaires à la solde d’un gouvernement (plus exactement une confédération) régnant dans une autre galaxie que la nôtre.

Un peu comme dans Star Wars. Sauf que votre personnage et les amis de son escouade découvrent qu’ils ont été chargés jusqu’alors de tuer des innocents… On leur faisait croire qu’il s’agissait de trafiquants d’armes ou de drogues, voire d’exploitants de la misère humaine.

Désireux de se venger, il attaque son ancien mentor, mais rate le coche et se retrouve sur une planète livrée à des fous, criminels et autres êtres extraterrestres. Vous n’êtes pas seul dans votre galère, puisque vous êtes accompagné de Ishi Sato, qui, comme vous pouvez le constater, n’est pas au mieux de sa forme après l’atterrissage forcé… Ses circuits intégrés ont tendance à bugger et sa personnalité peut devenir violente et incontrôlable. Comme des sautes d’humeur.

Ishi a les fils qui se touchent

C’est flanqué de cet allié (inutile, d’ailleurs, puisqu’il n’abat personne, parfois même gênant) que vous devez vous taper tout le boulot, afin de vous échapper de cette planète effroyable et mettre la main sur celui qui vous a fait commettre ces abominations.

Voilà pour le scénario, pas bien épais, vous en conviendrez. Mais ce n’est son credo…

Car le jeu a un slogan et une carte redoutable en main : « Kill with Skill« . Tuez avec classe ! Et avec le sourire. Le ton est donné. Ne cherchez pas des arguments contre la violence dans les jeux vidéo, les joueurs qui prennent ce jeu savent très bien pourquoi ils l’achètent. Bulletstorm est d’ailleurs interdit aux moins de 18 ans. La violence est ici prétexte à un défouloir déjanté, où le sang et la mort sont burlesques (comme le film Gore Braindead).

A sang pour sang

« Tuez avec classe », donc. Pour cela, vous disposez d’un arsenal que vous pouvez recharger à plusieurs niveaux du jeu, moyennant des points que vous acquérez en éliminant vos adversaires. Et plus il y a du style et de la recherche dans la manière dont vous tuez et truffez de plombs ces vilains pas beaux, plus les points tombent dans l’escarcelle. Et il vaut mieux en avoir, des points, pour rapidement se faire plaisir et engranger davantage de points.

Plus vos attaques sont meurtrières, plus grandes sont vos chances de bien vous équiper au supermarché du coin. Fusil à pompe, lance-nunchaku-grenades, mitraillette, fusil sniper à tête chercheuse, colt surpuissant, l’éventail des armes laisse le choix, d’autant que chacune dispose de sortes de coups spéciaux, plutôt impressionnants du reste.

Le jeu appelle ce coup spécial "radiographie". On comprend pourquoi...

Boostées, ces armes produisent des effets destructeurs. Et plus vous semez le chaos, plus vous êtes récompensés. Vous propulsez un ennemi sur des pieux ? C’est 100 points ! Une balle dans les fesses, c’est 50 points. Dans la version française du jeu, cette technique est baptisée « Trou de ball ». Finesse, élégance, distinction… Ainsi, vous débloquez de nouvelles compétences qui vous aideront dans votre quête.

Vous pensiez la jouabilité déjà assez nerveuse ? Vous n’avez pas tout vu. Si dans votre main droite, vous tenez des armes déjà redoutables, votre main gauche est fabuleusement électrique. Tel Indiana Jones, vous avez un lasso électrique qui va chercher vos ennemis à distance pour les amener à vous. Là, faites-vous plaisir, amusez-vous, faites preuve d’imagination et vous aurez des surprises. Ce lasso peut aussi propulser les ennemis visés dans les airs (par paquets, si vous pouvez), et ainsi les éclater contre le décor. Ce qui ajoute des points. Car oui, les décors sont vos alliés (bonbonnes de gaz, murs, pieux, cactus, câbles électriques pendouillant…)

Un ennemi dans le cactus est appelé "Poupée Vaudoue". LOL

Il y a ainsi des barèmes de points et des figures de style précises, par types d’armes et d’enchaînements plus ou moins complexes. Comme tirer dans les fesses d’un adversaire.

Ce système de comptage fait l’ossature d’un jeu testostéroné qui ne s’embarrasse pas de politesse et de courtoisie, vous l’aurez compris.

Bulletstorm est un jeu qui ne se prend pas au sérieux, mais qui a pourtant apporté un soin particulier à ses décors et son univers. C’est vraiment joli visuellement, coloré, bigarré, apocalyptique. Les décors sont soignés, les niveaux franchement réussis et variés, la palette est parfois admirable, avec des effets de lumières et de soleil absolument fantastiques.

Le moteur graphique tourne bien, malgré quelques souci d’affichage, parfois, et une intelligence artificielle déroutante par l’idiotie des personnages (mais là, je sors du côté simplement esthétique).

La planète sur laquelle on échoue est une sorte de monde disparu, un paradis perdu désormais infesté de criminels et d’êtres inquiétants. A cheval entre Mad Max et Ken le Survivant (pour les biberonnés de Dorothée), Bulletstorm propose un jeu franchement attrayant, bien foutu. Une atmosphère un peu loufoque, entrecoupée des railleries sans fin de notre personnage Grayson, et de ses jurons, véritable inventaire à la Prévert. Il se dit « beau gosse », fait des blagues graveleuses, a une fâcheuse tendance à boire, et fait volontiers le plaisantin pour amuser et épater la galerie. Fanfaronneur, sûr, pour la morale, on repassera…

Vilain pas beau

Les scénario, dans tout ça ? Il ne vaut rien, ou  presque. Il n’est qu’un prétexte à un jeu à la mécanique nerveuse, qui emprunte avec beaucoup de bonheur le gameplay d’autres jeux. Il faut tirer des obstacles au lasso, envoyez des coups de pied dans des éléments de décor pour avancer, ou dans vos ennemis pour les projeter où vous voulez. Et surtout varier les attaques, toujours pour ces points et pour le plaisir de faire n’importe quoi.

Le fameux "coup de pied" au cul des Nuls ?

Au passage, il faut signaler que notre héros ne peut pas sauter, ce qui peut poser problème aux joueurs habitués à utiliser beaucoup le saut. Il faut enjamber les obstacles, ce qui change la donne mais ne gêne en aucun cas le confort de jeu.

Sans se prendre la tête, le joueur est ainsi pris par la main et bondit de salles glauques en prairies adossées à des buildings d’argent; de villes miniatures à de vieux bâtiments désaffectés; armé jusqu’aux dents, vous enchaînez vite, d’autant plus que la difficulté est plutôt relative pour peu qu’on y aille tranquillement. Je suis en niveau difficile et je meurs très rarement. Je ne suis pourtant pas une bête acharnée. C’est ainsi que la durée de vie du titre s’élève à environ 7 heures, avec un découpage théâtral en actes et en chapitres. La moyenne basse des FPS, d’autant que la rejouabilité est limitée, le mode multijoueurs étant restrictif. On retiendra simplement les défis de « résistance » en coopération où il faut tenir le plus longtemps possible et repousser les assauts des vagues ennemies.

Pour conclure, Bulletsorm n’est pas le jeu de la décennie, loin s’en faut. Pauvre scénaristiquement, grossier et potache, il n’entre pas dans les canons traditionnels. Mais c’est ce qui fait aussi tout son charme et son originalité. A l’heure où l’on est submergé de jeux de tir répondant à des standards pointilleux, on a ici un jeu attachant, déjanté, moins fin et recherché qu’un Brütal Legend, mais très bien réussi graphiquement. Bulletstorm prend le parti de faire rire et de nous défouler. Mission largement accomplie.

Ma note : 17/20.

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4 responses

12 12 2011
Jeux vidéo moins cher

Des bon test, bravo à toute l’ équipe 🙂

22 11 2013
stephane hubert

En voyant le titre, qui fait mention de Ken le survivant, je me dis déjà que le jeu doit être sanglant et en parcourant l’article et les captures d’écrans, je vois que je n’ai pas tort 😀 !

4 08 2015
kennedy Leon

Ce titre est vraiment violent et les scènes d’action, sont ce qu’il propose de mieux. Cependant, le gameplay laisse quelque peu à désirer.

2 09 2015
alexxcl

Salut,
Fun est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à Bulletstorm. Ce n’est pas le meilleur jeu auquel j’ai joué, certes, mais j’avoue que je me suis bien amusée. D’ailleurs, je conseille aux fans de FPS de l’essayer.

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